Un-night / le pays des animaux (2016-2018)

Comment le dessin peut-il suggérer l’animalité – cette qualité sauvage que l’homme, malgré lui, partage avec les animaux ? Quel trait commun le dessin partage-t-il avec l’animalité, sinon cette diversion hors de la logique et de la parole qui nous conduit dans un domaine d’où le logos est absent, néanmoins riche de signification ?

Le cadrage de la peinture paysagiste – reflet, chez les modernes, du contrôle de la nature et des passions – cette fois se renverse. La perspective se fane à travers des mouvements qui évoquent des actions animales. C’est vrai, après tout, que le mouvement caractérise les animaux. Percer, gratter, effacer ses traces, disparaître, le monde animal est décrit par des verbes, verbes qui désignent des mouvements ou des actions dans un « présent étalé et étendu, sans fin remis » comme Bailly l’a fort bien décrit. La main de l’artiste, ainsi, devient un petit animal qui inscrit et efface des traces, des formes sur le papier.

Et si la perspective est un triomphe de l’œil  humain sur la nature, c’est que le paysage nocturne est par nature le règne des animaux qui errent entre le visible et l’invisible. Là où la perspective disparaît, le toucher et les autres sens prennent le dessus. C’est le territoire nocturne du sommeil du logos où la signifiance trace d’autres voies. Cette série comprend des dessins qui parlent également des situations sombres, limitrophes. On suit ici le chemin invisible des animaux, dont l’absence, foisonnante de présence, nous rappelle notre propre condition, limitrophe, indiscernable.

Un-night/ the animal realm (2016-2018)

Ηow could drawing suggest animality, this wild quality that man, despite his efforts, shares with animals? What is the common trait that drawing shares with animality, if not a diverting outside logic and words, that takes us to a night where, even if logos is absent, significance twinkles ambiguously?

The nocturnal landscape, this is the reign of the animals, who wander between the visible and the invisible, like Jean-Christophe Bailly writes. This series of drawings, talks about limitrophic, gloomy situations. The frame of landscape drawing – reflection, for the moderns, of a control towards nature and passions – this time is reversed. We follow the dark and invisible paths of animals, whose absence so full of presence, reminds us of our proper condition, whose borders are often so difficult to discern.

Un-night/ the animal realm (2016-2018)

Πώς θα μπορούσε το σχέδιο να μιλήσει για τη ζωικότητα, εκείνη την ποιότητα που ο άνθρωπος, παρά τις προσπάθειές του, μοιράζεται με τα ζώα; Τι κοινό στοιχείο μπορεί τελικά να έχει το σχέδιο με τη ζωικότητα, αν όχι εκείνη την απομάκρυνση από τη λογική και τα λόγια, που μας οδηγεί σε μια νύχτα αμφισημίας όπου η λόγος είναι απών;

Το νυχτερινό τοπίο είναι η κατ’ εξοχήν επικράτεια των ζώων, που διασχίζουν μεταξύ ορατού και αοράτου, όπως γράφει ο Jean-Christophe Bailly. Αυτή η σειρά σχεδίων, μιλάει για καταστάσεις σκιερές και οριακές. Το κάδρο της τοπιογραφίας – είδωλο, στους μοντέρνους, του ελέγχου της φύσης και των παθών – αυτή τη φορά ανατρέπεται. Ακολουθούμε τα σκοτεινά και αόρατα μονοπάτια των ζώων, των οποίων η απουσία που σφύζει από παρουσία, μας υπενθυμίζουν τη δική μας συνθήκη, των οποίων τα όρια είναι συχνά δυσδιάκριτα.